Maturité et potentiel des technologies des énergies renouvelables

Posté le 8 août 2009 @ 16:56 par Manfred

J’explique régulièrement ce point autour de moi : les différentes technologies n’ont pas toutes le même degré de maturité, et que l’on ne s’attend pas aux mêmes progrès et débouchés de chacune d’entre elles

Ceci justifie partiellement pourquoi on subventionne plus ou moins telle ou telle technologie. Parce qu’on - nos dirigeants à l’échelon européen - en espère pas le même potentiel de développement à long terme (en énergie productible).

  • L’hydroélectricité est une technologie employée à grande échelle depuis avant la seconde guerre mondiale. Les différents modèles de turbine existantes ont déjà des efficacité très hautes (60-90% à comparer à un maximum théorique de 100% qui est virtuellement inatteignable). Les seuls progrès dans le domaine ces dernières 40 années tiennent de l’automatisation (réduction des coûts de main d’oeuvre à l’exploitation) et dans les systèmes de passes à poisson (pour préserver un peu l’écosystème du court d’eau qui n’aime pas être séparé en deux). Comme par ailleurs, on a déjà installé des centrales hydroélectriques un peu partout en Europe, il n’y a que peu de potentiel de développement.
  • Les filières de biomasse sèche et humide existent déjà depuis longtemps (depuis que l’homme sait faire du feu), mais on découvre ou re-découvre ces dernières années un certain nombre de techniques intéressantes (méthanisation, pyrolyse, gazéification, traitements enzymatiques, …). Cependant, la ressource biomasse est très limitée et son utilisation a de nombreux “effets de bord” sur l’environnement et de mise en concurrence avec d’autres usages. La biomasse, si elle constitue une ressource énergétique “facile d’accès” et “économiquement plus compétitive” reste donc d’un potentiel fort limité.
  • L’énergie éolienne est un domaine qui a a subit beaucoup d’innovations technologiques ces dernières 15 années, ce qui l’a rendu économiquement plus intéressante (quoique pas encore compétitive sans subventions face à une énergie fossile pas cher). Néanmoins, le potentiel éolien est lui aussi limité : on ne peut pas multiplier les éoliennes à l’infini, comme le montre le cas de l’Allemagne qui commence à avoir du mal à trouver de nouveaux sites d’implantation sur son territoire. Il existe certes des projets pour aller mettre des éoliennes volantes en haute altitude, mais on ne sait pas s’ils vont être probants. L’éolien en mer (off-shore) est certes intéressant car les vents y sont plus forts et plus fréquents, mais il restera confronté au même problème (en plus d’une logistique difficile).
  • Et reste le solaire … Le solaire thermique de basse température est une technologie bien maîtrisée, mais bien sûr ses applications sont limitées à chauffer de l’eau ou de l’air. Ce qui importe réellement, ce sont les procédés de production d’électricité (photovoltaïques ou thermoélectriques). Or c’est un domaine où l’on s’attend à encore beaucoup de progrès, non pas nécessairement en efficacité des collecteurs, mais en réduction possible des coûts, par exemple avec les panneaux organiques reproduisant la photosynthèse végétale. Par ailleurs, l’énergie solaire est de loin celle qui a le moins d’effets pervers sur l’environnement et dont le potentiel en capacité d’installation est le plus grand. Ceci explique pourquoi on mise sur cette technologie, qui pour l’instant est onéreuse.

Pas encore de Commentaires

Vous pouvez être le premier à laisser un commentaire!

Laisser un commentaire

Connexion OpenID

Connexion Standard

Options:

Taille

Couleurs

souscrire