Remboursement énergétique - Energy payback

Posté le 9 mars 2008 @ 12:58 par Manfred

Une notion intéressante quand on parle de ’soutenabilité’ des différentes énergies, c’est celle de remboursement énergétique (en anglais, energy payback).

La définition est simple: en combien de temps l’équipement aura-t’il produit une quantité d’énergie équivalente à celle qu’il a fallut pour le construire ?

Donc, combien de temps faut-il pour que nous commencions à faire un bénéfice sur la quantité d’énergie disponible pour notre société ?

Les chiffres sont bien connus:

 - Pour l’éolien, il faut à peine 2 à 3 mois. (Source: ici).

 - Pour le solaire photovoltaïque, il faut environ 2 ans. (Source: ici et ici). Cette valeur baisse régulièrement grâce aux progrès technologiques, et on l’estime à 6 mois pour les panneaux de type couches minces de dernières générations.

 - Pour le nucléaire, il faut plus de 2 ans (Source: ici).

 

Mais, ce qui est vraiment intéressant, c’est de comparer ces valeurs à la durée de vie des installations:

 - Pour l’éolien, la durée de vie des parcs est de 20-25 ans. Le rapport entre l’énergie récupérée et l’énergie investie est donc de 100.
Pas mal, non ?

 - Pour le solaire photovoltaïque, la durée de vie des installations est la même. Le retour sur investissement est donc de 10.
Pas aussi impressionnant, mais toujours profitable.

 - Pour le nucléaire, l’espérance de vie des centrales est de 40 ans. Le rapport est de l’ordre de 20.
Là aussi très profitable .. sauf que dans ce cas, on néglige que le carburant d’uranium enrichi ne se met pas tout seul à disposition à l’entrée de la centrale (contrairement au soleil ou au vent).

Bien entendu, d’une étude à l’autre, suivant les méthodes de calcul, les chiffres varient. Mon calcul ci-dessus est extrêmement grossier.
Par exemple, dans cette étude, les chiffres sont moins idylliques:

- rapport de 23 pour l’éolien
- rapport de 16 pour le nucléaire

 

Conclusion

Dans toutes les études, le nucléaire reste énergétiquement profitable, mais il l’est moins que l’éolien. Le photovoltaïque est lui aussi profitable, certes moins, mais sa technologie est encore dans l’enfance.

Ensuite, il reste à considérer les autres (dés)avantages comparés ; la rentabilité énergétique n’est qu’un facteur au milieu d’une longue liste.

4 Commentaires

  1. Jaunater
    8 septembre 2009 à 16:36

    Le principal problème de l’éolien est la disponibilité 24h/24.
    Tant que l’on aura pas trouvé comment avoir de l’énergie en grande quantité et indépendamment des aléas climatiques, on en restera au même point.

    Jaunater

  2. admin
    8 septembre 2009 à 20:31

    L’expression “avoir de l’énergie en grande quantité” est un peu floue et sans lien avec le problème de disponibilité évoqué, mais je suppose que vous voulez parler de “stocker et restituer de l’énergie en grande quantité”.

    La réponse est : pas forcément.

    La mutualisation des sources d’énergie permet de s’affranchir au moins partiellement des aléas :
    - le projet HVDC a pour objet de relier les réseaux électriques des différents pays européens. Il est en effet plus rare de ne pas avoir de vent sur l’ensemble d’un continent que sur une seule région. Cette mutualisation permet de “lisser” statistiquement les dits aléas climatiques.
    - ceux qui travaillent sur des systèmes hybrides savent que la complémentarité temporelles des sources d’énergie est un facteur important. L’exemple positif type est le chalet de montagne disposant de panneaux photovoltaïques et d’une petite éolienne. La règle générale - sans être une loi - est que lorsqu’il ne fait pas beau et que les panneaux ne produisent pas d’électricité, on a de bonnes chances qu’il y ait alors du vent et que l’éolienne en produise. Il reste cependant vrai que dans la plupart des cas nous n’en sommes toujours pas à pouvoir nous passer de solution de stockage de l’énergie.

    Un peu de patience : de nombreuses équipes travaillent sur le sujet et cela arrivera .. certainement avant la fusion nucléaire !

  3. Gilbert
    7 mars 2012 à 12:22

    Voir ici pour le temps de retour entre énergie produite et énergie consommée :
    http://futura24.voila.net/solairepv/pv_bilan.htm

    Le temps de retour dépend évidemment des villes et de l’orientation des panneaux, en toiture ou en façade. Mais il est très bon, meilleurs aujourd’hui qu’avec les systèmes de l’époque de l’étude.

    Et tout les panneaux sont recyclables, une filière de recyclage existe pour cela en France et en Europe.

  4. admin
    25 mars 2012 à 09:06

    Les procédés de recyclage du photovoltaïque sont au point depuis longtemps : j’ai visité en 2008 une usine allemande qui faisait le recyclage de modules photovoltaïques. Pour cette usine, il était économiquement plus rentable de recycler un vieux module que d’en créer un nouveau à partir de matières premières.
    Toutefois, il y a une différence entre “au point” et “généralisé et optimisé”. La filière n’est pas encore organisée pour s’assurer que tous les modules en fin de vie vont être recyclés. C’est en cours.
    Mais relativisons : le nombre de modules solaires qui sont déjà arrivés à la fin de leur vie utile est faible ; on n’installait pas beaucoup de photovoltaïque il y a 25 ans !

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