Concurrence avec les cultures alimentaires

Posté le 27 février 2008 @ 12:16 par Manfred

L’utilisation de la biomasse pour produire de l’énergie pose le problème de la concurrence avec les cultures alimentaires: on produit pour faire de l’énergie pendant que d’autres ont faim.

C’est en tous cas ce qu’on entend beaucoup dans les médias et les bistrots.

À défaut de pouvoir vous donner une réponse simple (”c’est vrai” / “c’est faux”), je vais essayer de vous donner des clefs pour mieux cerner le problème:

  • Tout d’abord, manger, c’est se procurer de l’énergie. C’est en effet absorber et stocker l’énergie chimique contenue dans la nourriture pour notre propre utilisation (musculaire, métabolique, etc ..). À ce titre, il s’agît surtout de savoir comment nous utilisons l’énergie de nos cultures: pour manger ou pour jouer à la playstation ?
  • Le problème de la concurrence alimentaire ne se pose pas pour tous les usages de la biomasse: il se pose pour cultures dites “énergétiques”, c’est-à-dire les cultures agricoles qui sont destinées à faire de l’énergie, au lieu d’être destinées au marché alimentaire.
    Exemple: le fameux maïs mexicain qui part faire du bioéthanol au lieu des tortillas.
  • L’autre grand usage de la biomasse, c’est la biomasse résiduelle. On récupère des déchets qui sont de toutes manières, disponibles, et sont non-comestibles, et on les utilise pour produire de l’énergie.
    Exemple: le biogaz produit à partir des déchets organiques de nos poubelles, les déchets des scieries qui sont brûlés.
  • Une fois cette distinction faite, on peut préciser que les cultures énergétiques ne posent pas toutes le problème de la concurrence alimentaire. En effet, certaines peuvent être faites dans des conditions où les cultures alimentaires sont impossibles.
    Exemple, les cultures remplaçant la jachère, où bien certaines espèces herbacées poussant sur des sols impropres à la culture d’espèces alimentaires.
  • La notion de biomasse “résiduelle” n’est pas aussi simple que l’on pourrait le croire, comme je l’ai indiqué dans cet article.
  • Enfin l’autre problème des cultures énergétiques, même dans le cas où il n’y a pas de concurrence alimentaire, c’est la biodiversité.
    En effet, les terres impropres aux cultures alimentaires disposent tout de même d’une faune et d’une flore. Toute surface de terrain cultivée réduit le potentiel de biodiversité de notre planète, surtout lorsqu’il s’agît de cultures intensives (agro-industrie). Or pour les cultures énergétiques, le seul objectif, c’est le rendement à l’hectare. La qualité sanitaire n’a aucune importance puisque la production n’est pas destinée à la consommation alimentaire.
    À ce titre, toutes les cultures ne sont pas égales: certaines espèces sont justement choisies car elles ne nécessitent ni engrais, ni pesticides, ni entretien. Mais on ne peut pas dire la même chose de toutes (le fameux maïs pour y revenir).

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